À la tribune de l’ONU, Joe Biden promet une “nouvelle ère” de diplomatie

Lors de son premier discours présidentiel à l’Assemblée générale des Nations unies, le mardi 21 septembre, Joe Biden a exhorté les dirigeants du monde à “travailler ensemble” pour relever les défis du siècle, alors même que ses plus proches alliés doutent sérieusement de son attachement au multilatéralisme.

Le président américain “a fait valoir que les plus grands défis auxquels est confronté le monde – de la pandémie de coronavirus au changement climatique – ne pourront être relevés que grâce à la coopération entre des pays aux intérêts nationaux divergents”, rapporte le Wall Street Journal.

Cité par Fox News, M. Biden a assuré que les États-Unis étaient prêts à travailler avec toute nation “décidée à trouver une solution pacifique aux défis que nous partageons, même si nous avons de profonds désaccords […]. Car nous subirons tous les conséquences de nos échecs si nous n’unissons pas nos forces pour lutter contre le Covid-19, le changement climatique ou les menaces comme la prolifération nucléaire”.

Pour favoriser ce dialogue mondial, le président américain a donc promis d’ouvrir “une nouvelle ère de diplomatie”, et défendu son “engagement” en faveur du multilatéralisme, revendiquant la rupture avec les années Trump, selon Politico. Il a affirmé que durant les huit premiers mois de sa présidence, sa priorité avait été de “reconstruire (ses) alliances, en relançant (ses) partenariats et en reconnaissant qu’ils sont essentiels à la sécurité et à la prospérité des États-Unis”.

Revers

Mais alors qu’il “tentait de convaincre ses homologues de l’importance de travailler ensemble, Biden s’est bien gardé de mentionner les critiques de ses alliés sur le retrait chaotique d’Afghanistan, ou la tempête diplomatique avec la France”, souligne l’agence AP.

Les efforts du président pour “reconquérir la confiance de ses alliés” ont en effet connu de sérieux revers ces dernières semaines, souligne le Washington Post. “Les Européens sont de plus en plus sceptiques face au message de Biden selon lequel ‘L’Amérique est de retour’”, observe le quotidien de la capitale. Au rang des griefs européens : le retrait non concerté d’Afghanistan, l’exclusion de la France – et par extension de l’UE – du pacte Aukus dans la région indo-pacifique ou la posture des États-Unis face à la Chine, jugée inutilement conflictuelle par de nombreuses nations.

Le Boston Globe estime qu’entre les lignes du discours officiel sur la diplomatie, il fallait surtout entendre que “l’Amérique fera d’abord ce qui est dans son meilleur intérêt, et non celui des institutions mondiales”.

“Hypocrisie”

Pour le grand quotidien de Boston, le seul sujet qui intéressait vraiment Joe Biden était la Chine. “Il n’a jamais prononcé les mots de Pékin, Chine, Taïwan ou Hong Kong. Il n’a pas cité le nom du président Xi. Et pourtant, tout ce qu’il a dit faisait en réalité référence à la Chine et aux efforts américains pour contenir la puissance communiste émergente”.

De fait, il n’a échappé à aucun observateur que Joe Biden visait Pékin quand il a déclaré : “Nous ne cherchons pas une nouvelle Guerre froide, ou un monde divisé en blocs rigides”. Cela n’a pas non plus échappé aux autorités chinoises, si l’on en croit l’éditorial du Global Times, le quotidien du pouvoir.

“Le discours de Biden était la démonstration éclatante de l’hypocrisie de la politique américaine”, écrit le tabloïd. Le président américain “a répété qu’il ne cherchait pas une autre Guerre froide” mais “les flèches étaient dirigées contre la Chine. À un moment, il a mentionné la liberté de navigation, le respect des lois et traités internationaux, ou le soutien aux mesures de contrôle de l’armement pour réduire les risques, autant de sujets faisant l’objet de critiques récurrentes des États-Unis à l’égard de la Chine”.

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