Activision Blizzard secoué par des accusations de harcèlement et de sexisme

Confrontée à une plainte des autorités américaines et à une fronde interne de salariés, la direction a réagi mercredi et promis des sanctions.

L’industrie du jeu vidéo n’en a pas fini avec les accusations de sexisme. Après Ubisoft (Assassin’s Creed) et Riot Games (League of Legends) ces derniers mois, c’est désormais l’éditeur Activision Blizzard qui subit une vague d’accusations de sexisme aussi bien externe qu’interne. Basé à Santa Monica en Californie, Activision Blizzard est l’un des grands acteurs mondiaux du jeu vidéo, créateur notamment du très populaire «Call of Duty».

Tout est parti d’une enquête d’une agence d’État californienne chargée de la protection des salariés. «Les femmes font l’objet de harcèlement sexuel constant, en devant notamment repousser continuellement les commentaires sexuels (…) et les avances», fustige la plainte déposée le 23 juillet par l’agence d’État auprès de la justice américaine à la suite de son enquête. Selon cette plainte, les employées, qui représentent 20% des effectifs, seraient soumises à une surcharge de travail par rapport à leurs collègues masculins, tout en ayant des perspectives d’évolution et de salaires moins favorables.

Les cadres dirigeants sont aussi mis en cause dans l’enquête pour leur implication dans certains cas de harcèlement sexuel. Mais surtout pour ne pas avoir réagi aux plaintes de leurs salariés auprès des ressources humaines d’Activision Blizzard. Selon l’enquête, certaines de ces plaintes ont été ébruitées par des membres du service RH, proches des responsables présumés de harcèlement.

Une manifestation mercredi

Pour toute réponse, un porte-parole de l’entreprise avait déclaré que ces allégations reposaient sur des éléments «déformés» et «dans de nombreux cas faux» appartenant «au passé» du studio. Une réaction qui a scandalisé une partie des employés d’Activision Blizzard. Quelque 2600 d’entre eux, sur un total de 9500 employés, ont signé une pétition assurant que la plainte de l’agence pour la protection des salariés reflétait bien les dérives de l’entreprise. Publiée hier, la missive qualifie la réaction du porte-parole d’«odieuse et insultante» et juge que la direction ne prend pas la mesure du sexisme dans ses effectifs. «Cela jette (…) un doute sur la capacité de l’organisation à tenir les agresseurs responsables de leurs actes et à favoriser un environnement suffisamment serein pour permettre aux victimes de se manifester à l’avenir», estiment les signataires.

Quelques heures plus tard, plusieurs centaines d’employés appelaient à la grève ce mercredi 28 juillet. Parmi les demandes des organisateurs figurent la fin des clauses d’arbitrages obligatoires (qui empêchent de porter plainte contre le groupe), de nouvelles politiques de recrutement et de promotion, et la publication de statistiques sur l’attribution des postes et des salaires.

Devant l’ampleur de la fronde, le patron d’Activision Blizzard Bobby Kotick a fini par réagir ce mercredi en promettant des mesures de lutte contre le harcèlement et les discriminations. «Nous allons immédiatement évaluer les managers et dirigeants de l’entreprise. Toute personne ayant entravé l’intégrité de notre processus d’évaluation des plaintes et de sanctions sera licencié, promet notamment Bobby Kotick dans une lettre envoyée à ses salariés tout en admettant que son groupe avait «franchement fait la sourde oreille» dans sa réaction initiale. La grève est maintenue ce mercredi 28 juillet et devrait se tenir en présentiel dans les bureaux californiens de Blizzard à Irvine ainsi qu’en virtuel.

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