Amazon vous paie 10 dollars en échange de vos données biométriques

Aux États-Unis les personnes enregistrant leurs données biométriques dans l’appareil Amazon One se verront offrir un coupon d’achat de 10 dollars.

Le géant de l’e-commerce Amazon lance une promotion d’un nouveau genre. Si vous le laissez scanner l’empreinte de votre main, Amazon vous offre un bon d’achat de 10 dollars. Une campagne repérée par le média spécialisé TechCrunch, qui est «seulement disponible aux États-Unis», selon Amazon France.

Cette campagne promotionnelle est une manière pour le géant de mettre en avant l’un de ses produits : Amazon One. La société a commercialisé en septembre dernier cet appareil, un nouveau mode de paiement «rapide, pratique et sans contact». La machine scanne la forme de la main, l’emplacement des veines et sa topologie. Il suffit ensuite de lier l’empreinte unique à un moyen de paiement.

La main devient alors une signature qui sert au paiement. Un passage de la main au-dessus du scanner permet de payer en environ une seconde. Ce dispositif est, selon Amazon, déjà installé dans 50 magasins américains, notamment des Whole Foods, enseigne achetée par le groupe en 2017 pour 13 milliards de dollars. Amazon One n’a pas vocation à être exclusif aux boutiques du groupe, ce qui permettrait au titan du numérique de pister les acheteurs dans d’autres lieux, comme des stades ou des bureaux.

Amazon connu pour une gestion douteuse des données

La firme américaine affirme avoir fait le choix d’une technologie sûre avec l’identification par paume. Les images capturées seraient chiffrées puis envoyées dans un cloud sécurisé. La nouvelle de cette promotion a pourtant fait bondir les experts de la protection des données privées. «Il est horrible qu’Amazon demande aux gens de vendre leur corps, mais c’est encore pire que les gens le fassent pour un prix aussi bas», s’indigne Albert Fox Cahn, directeur exécutif du Surveillance Technology Oversight Project.

Par le passé Amazon a déjà été au cœur de controverses concernant sa relation aux données biométriques. L’entreprise a, par exemple, vendu des services de reconnaissance faciale aux autorités américaines. En 2019, le groupe a également été sous le feu des critiques, lorsqu’un média américain a révélé que l’assistant vocal Alexa conserve des données, même lorsqu’elles sont supprimées par l’utilisateur.

Plus récemment, l’entreprise s’est vue infliger une amende record de 746 millions d’euros au Luxembourg, pour non-respect de la réglementation européenne sur les données privées des internautes.

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