Après la pandémie, von der Leyen plaide pour une Europe renforcée

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a vanté, mercredi à Strasbourg, la campagne de vaccination des Vingt-Sept et tracé les grandes lignes des chantiers postpandémie, au premier rang desquels la défense européenne.

“Tel un missile, l’Afghanistan a dynamité une Union européenne anémiée”, écrit El País. “Dans un discours panoramique”, Ursula von del Leyen a recherché “l’âme” d’un continent “qui veut sortir renforcé de la terrible épreuve de la pandémie”. Or “la récente chute de Kaboul est devenue l’un des fondements pour retrouver la confiance perdue”, ajoute le quotidien madrilène. “Ce dont nous avons besoin, c’est d’une Europe de la défense”, a claironné la présidente de la Commission.

Le Guardian souligne que l’idée d’une défense commune européenne “a une histoire longue et torturée”. Son embryon – deux forces de 1 500 soldats fournis par les États membres sur le principe de la rotation – “a été créé en 2007, mais n’a jamais été déployé, à cause notamment du manque d’effectifs”.

Mme von der Leyen – ancienne ministre de la Défense allemande ­ – a observé mercredi que l’on peut avoir “les armées les plus modernes du monde, mais si l’on est pas prêts à les utiliser, à quoi servent-elles ?”.

“Ce qui nous a freinés jusqu’à présent, ce n’est pas seulement le manque de capacités, c’est l’absence de volonté politique. Si nous travaillons là-dessus, nous pourrons faire beaucoup au niveau européen”, a-t-elle ajouté.

Nouvelle agence biomédicale

L’autre grand volet du discours était la réussite de la campagne de vaccination européenne, après des débuts difficiles. Le New York Times observe que les Européens de plus de 18 ans sont désormais plus de 70 % à être complètement vaccinés, mieux qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Mme von der Leyen a donc promis de distribuer 200 millions de doses supplémentaires aux pays pauvres, pour éviter “une pandémie de personnes non vaccinées”, et annoncé “la création d’une nouvelle agence biomédicale” européenne, destinée à “s’assurer qu’aucun virus ne pourra plus transformer une épidémie en pandémie”.

“On ignore cependant comment cette agence fonctionnera concrètement, sachant que les politiques de santé relèvent toujours des gouvernements nationaux et que la Commission européenne n’a eu qu’une influence limitée” dans ce domaine par le passé, relève le quotidien new-yorkais.

Mais pour Le Temps, “la vaccination ayant montré à l’UE qu’elle peut très bien s’en sortir par elle-même, ce nouveau credo s’appliquera à d’autres secteurs stratégiques”.

Brexit digéré

Les Vingt-Sept auront ainsi bientôt “leur propre dispositif pour développer la production et l’acquisition de semi-conducteurs, secteur où leur dépendance a été révélée de manière flagrante pendant la pandémie”, et s’efforceront, en matière de climat, “de jouer un rôle de premier plan, en essayant d’entraîner les États-Unis et la Chine”.

Cette dernière était en filigrane dans tout le discours de Mme von der Leyen, analyse le site européen de Politico. Il en veut pour preuve que le nom du président américain, Joe Biden, n’a pas été prononcé une seule fois, contrairement à celui de son homologue chinois, Xi Jinping. “Cela montre bien quel pays se profile derrière les priorités fondamentales de l’UE”, écrit le site.

Mme von der Leyen a ainsi promis “une contre-offensive au programme chinois d’infrastructures, un plan pour maintenir le continent dans la course mondiale aux semi-conducteurs et une législation destiné à interdire l’importation de biens produits par le travail forcé”, égrène Politico.

Mais Joe Biden n’est pas le seul à avoir été ignoré, remarque Le Temps. Boris Johnson a connu le même sort : la présidente de la Commission n’a pas eu “un seul mot mercredi pour le Royaume-Uni, comme si le Brexit était bel et bien digéré”.

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