Aux régionales, la déconfiture de Le Pen ouvre un boulevard à la droite traditionnelle

Au soir du second tour des élections régionales françaises, la presse internationale retient “l’amère défaite” du Rassemblement national et le “réveil” de la droite traditionnelle, en position de force pour défier Emmanuel Macron à la présidentielle.

“Alors que beaucoup voyaient ces élections comme un échauffement avant l’élection présidentielle de l’an prochain, aucun des prétendus favoris de 2022 – Emmanuel Macron et Marine Le Pen – n’avait grand-chose à célébrer” dimanche soir, observe The Guardian.

Le chef de l’État et la présidente du Rassemblement national (RN) sont les grands perdants du second tour des élections régionales et départementales, marquées cette fois encore par une abstention massive (autour de 66 %).

Le parti présidentiel, La République en marche (LREM), “avait déjà obtenu des résultats catastrophiques au premier tour et n’avait plus rien à défendre”, remarque La Vanguardia. Mais la claque est plus grande encore pour le RN, qui a échoué à remporter la seule région à sa portée, Provence-Alpes-Côte d’Azur, finalement conservée par Renaud Muselier (Les Républicains, LR).

“Le second tour des élections régionales françaises n’était pas anodin pour l’avenir démocratique du pays”, estime Clarín. Le scrutin devait montrer “jusqu’où pouvait aller le Rassemblement national avant la présidentielle”. Les électeurs ont finalement boudé les urnes et l’extrême droite, et les résultats sont un “échec absolu” pour le RN, assène le quotidien argentin.

Marine Le Pen a reconnu sa défaite, mais l’a attribuée aux “alliances contre-nature” nouées par les partis traditionnels pour lui faire barrage et à une “désaffection civique historique”, selon la Deutsche Welle. Avant de donner rendez-vous aux électeurs l’an prochain “pour construire l’alternance dont la France a besoin”.

Xavier Bertrand, “candidat naturel” ?

Si la gauche a conservé les régions qu’elle dirigeait déjà, les électeurs français “penchent désormais fortement vers la droite aux élections nationales, et les responsables politiques qui s’exprimaient depuis leurs régions après les résultats ont souligné à plusieurs reprises l’importance de thèmes comme la loi et l’ordre”, analyse le Financial Times.

“Et c’est le parti LR, la famille politique qui a donné à la France la plupart de ses présidents durant la Ve République de Charles de Gaulle, qui s’est montré le plus fort lors de ces élections régionales”, ajoute le quotidien économique.

Le correspondant d’El País à Paris affirme lui aussi que la droite traditionnelle – qu’Emmanuel Macron “essaie de phagocyter depuis des années” – sort “renforcée” du scrutin et bien décidée “à démontrer que la prochaine présidentielle n’est pas nécessairement une affaire entre Macron et Le Pen”.

Pour Le Temps, “la droite française tire en fait profit de la nature même du macronisme, qui est un combat politique largement personnel. D’où l’importance décisive de trouver un bon candidat pour s’opposer à lui, s’il se représente en 2022”. Ce candidat, “conforté” par les résultats de dimanche, pourrait être Xavier Bertrand, “déjà lancé dans la course présidentielle”, selon le quotidien suisse.

Le Soir souligne en écho que le vainqueur des Hauts-de-France a immédiatement voulu “apparaître comme le candidat naturel de son camp”. “Il était spectaculaire de voir hier soir Xavier Bertrand dégainer son discours quelques instants à peine après l’annonce des résultats, écrit le quotidien belge. Prenant une posture présidentielle et des accents sarkoziens, celui qui est déjà candidat déclaré à l’Élysée a posé les premières pierres de sa nouvelle campagne, qui commence dès à présent, en visant la France populaire.”

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