Chaos dans les aéroports: le symptôme d’une crise profonde

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Ce sera sans doute une des images marquantes de cet été 2022. Des files d’attente interminables aux points de sécurité des terminaux aéroportuaires, des vols annulés par dizaines, de multiples grèves dans les aéroports et dans les compagnies aériennes, des bagages perdus en masse…

Le ciel a pris des allures de chaos pour les vacanciers du monde entier. Une situation qui peut paraître anecdotique, mais qui est pourtant très symptomatique des douleurs du système économique contemporain.

Aucun pays n’est réellement épargné par ce phénomène, mais les problèmes se concentrent surtout en Europe et en Amérique du Nord. Aux États-Unis, près de 2 500 vols ont été supprimés pendant la semaine précédant la fête nationale, et le 17 juin, c’est même le vol du secrétaire d’État aux transports, Pete Buttigieg, qui a été annulé. Le nombre de vols annulés aux États-Unis en juin est proche de 3 %, proche 2,1 % en 2019.

En Europe, les annulations sont moins nombreuses (2 %), mais elles ont doublé par rapport à 2019 et, en juin, leur nombre a atteint 8 228, soit 162 % de plus qu’il y a trois ans, selon les données du bureau d’analyse de données aériennes Cirium.

À l’aéroport de Francfort le 4 juillet 2022. © Photo Frank Rumpenhorst/DPA/DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

À cela s’ajoute le chaos dans les aéroports, notamment aux contrôles de sécurité. L’Amérique du Nord, notamment l’aéroport de Toronto, n’est pas épargnée, mais les difficultés se concentrent en Europe, à Londres-Heathrow et à Amsterdam-Schiphol, où les temps d’attente ont pu atteindre quatre heures. Au aérogare 2 de Heathrow, des masses de bagages ont été laissées au sol pendant toute une nuit en dehors du bâtiment.

Enfin, l’été est aussi marqué par des conflits sociaux dans l’aérien pour des revalorisations salariales. C’est notamment le cas à Paris, où les salariés se sont organisés au sein de toutes les entreprises du site de Roissy pour cesser le travail ce mercredi 6 juillet en demandant des revalorisations salariales. Mais on en trouve ailleurs : en Scandinavie, où les pilotes de SAS réclament aussi des hausses de salaire, ou à British Airways, où le personnel au sol veut de meilleures conditions de travail.

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