Chargé de former un gouvernement libanais, Saad Hariri finit par jeter l’éponge

Plus de huit mois après avoir été désigné pour mettre sur pied un exécutif répondant aux exigences des Libanais et de la communauté internationale, le leader sunnite Saad Hariri a annoncé sa récusation ce 15 juillet.

“J’annonce ma récusation. Que Dieu vienne en aide au Liban.”

Saad Hariri

Premier ministre désigné du Liban

C’est la fin d’un feuilleton de près de neuf mois dont la fin était dans l’air ces derniers jours. Désigné en octobre 2020 pour former un gouvernement chargé de sortir le Liban de la pire crise socio-économique de son histoire, le leader sunnite Saad Hariri a finalement annoncé, le jeudi 15 juillet, qu’il renonçait à sa mission en raison de désaccords persistants avec le camp du président libanais Michel Aoun, indique le journal libanais L’Orient-Le Jour.

La veille, Hariri avait remis au chef de l’État une dernière proposition de gouvernement. “Les dés sont jetés”, titrait le quotidien francophone dans son édition du matin. “J’ai demandé au président s’il avait besoin de plus de temps pour réfléchir à la mouture. Il m’a dit que nous n’allions pas pouvoir nous entendre. C’est pour cela que j’annonce ma récusation. Que Dieu vienne en aide au Liban”, a déclaré le leader sunnite avant de quitter le palais présidentiel pour prendre part à une interview télévisée très attendue.

Quelques minutes après cette annonce, la livre libanaise connaissait “une dépréciation record” face au dollar et plusieurs routes étaient bloquées à travers le pays par des protestataires. Ainsi, “le forcing diplomatique international de ces derniers jours”, engagé par la France et les États-Unis, “n’a finalement pas porté ses fruits”, note le quotidien francophone.

La mise sur pied d’un gouvernement de plein exercice – après la démission du gouvernement de Hassane Diab, à la suite de la double explosion qui a ravagé Beyrouth le 4 août 2020, et la récusation du diplomate Moustapha Adib en septembre dernier – est pourtant “cruciale pour mettre en œuvre des réformes” réclamées par la communauté internationale prête à aider le Liban, rappelle le journal.

Depuis 2019, le pays est englué dans une profonde crise marquée par une hyperinflation, des pénuries de produits de première nécessité et la paupérisation de plus de la moitié de la population.

Source

Longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour, a été la parfaite illustration du “Liban de papa” francophone et chrétien que la guerre civile allait tourner en dérision. Le départ

[…]

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