dernier ballet diplomatique entre Washington et Moscou

Le secrétaire d’État américain rencontrera vendredi son homologue russe à Genève, avec l’espoir ténu de désamorcer la crise ukrainienne après un dernier ballet diplomatique européen. La Maison-Blanche a averti mardi qu’une attaque de Moscou pouvait survenir “à tout moment».

“Le sommet de la dernière chance ?”, s’interroge Le Temps. “Alors que beaucoup d’experts craignaient des bruits de bottes en Ukraine en raison de l’échec des différentes rencontres de la semaine dernière […], tout n’est pas sans espoir. Mais les discussions demeurent extraordinairement compliquées”, observe le quotidien suisse.

La porte diplomatique a beau rester entrouverte, Washington ne cache pas son inquiétude. “De notre point de vue, la situation est extrêmement dangereuse”, a insisté mardi la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki. “Nous sommes à un stade où la Russie pourrait lancer à tout moment une attaque en Ukraine”.

The Guardian souligne que les tensions ne sont pas retombées depuis l’échec des discussions entre Moscou et les Occidentaux, “avec des mouvements de troupes russes et d’armes lourdes vers l’ouest et la Biélorussie”, officiellement pour des exercices militaires conjoints des armées russe et biélorusse.

Un responsable de l’Otan a assuré au quotidien britannique que l’organisation “n’avait pas été informée des exercices militaires russes en Biélorussie” et que le nombre de soldats déployés était “bien supérieur à celui observé lors d’un exercice normal”.

Les Occidentaux, qui s’inquiétaient déjà des quelque 100 000 soldats russes massés à proximité de la frontière ukrainienne, doivent maintenant envisager l’hypothèse d’une invasion de l’Ukraine par sa frontière biélorusse.

Voie diplomatique

En résumé, “le tableau général ukrainien est plutôt sombre, alors que les efforts diplomatiques et les menaces de sanctions n’ont pas encore convaincu le président russe Vladimir Poutine de renoncer à une invasion” de son voisin, écrit Politico.

Mais si le contexte explosif ne prête guère à l’optimisme, les parties n’excluent pas qu’il puisse encore exister “une voie diplomatique pour éviter un conflit en Europe de l’Est”, analyse le New York Times. D’où l’appel téléphonique de la “dernière chance”, mardi, entre le secrétaire d’État américain Antony Blinken, et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Durant la conversation, rapportée par The Moscow Times, Blinken “a souligné l’importance de maintenir la voie diplomatique pour faire retomber les tensions”, tandis que Lavrov a rappelé que Moscou attendait toujours les réponses “concrètes, point par point”, à ses propositions pour désamorcer la crise et assurer sa sécurité.

Mais les deux hommes ont surtout convenu de se rencontrer en personne, vendredi à Genève. Antony Blinken, qui s’est envolé mardi pour l’Europe, rencontrera au préalable le président ukrainien Zelensky à Kiev et les diplomates européens à Berlin.

Sanctions

“Il est trop tôt pour dire si le gouvernement russe est sincèrement intéressé par la diplomatie”, a déclaré un haut responsable américain au Financial Times. “Mais s’il existe une chance d’arriver à une solution diplomatique [à Genève], nous sommes bien décidés à y consacrer toute notre énergie”.

D’ici au sommet de vendredi, les Occidentaux comptent cependant maintenir la pression sur Moscou. Selon le Wall Street Journal, les États-Unis devraient notamment annoncer jeudi des sanctions financières “à l’encontre d’au moins quatre personnes agissant pour le compte de la Russie” en Ukraine.

Quant aux Européens, ils continuent à agiter le spectre de sanctions économiques, remarque la Deutsche Welle. Mardi, à l’issue de sa rencontre avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, le chancelier allemand Olaf Scholz a averti que Moscou “paierait très cher” une éventuelle intervention militaire en Ukraine.

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