des élèves martiniquais participent à la fête de l’éloq

Le 22 septembre a commencé la première édition de La Belle Harangue, un projet initié par la Fondation pour l’écriture qui célèbre l’écrit et la parole. Des élèves du lycée Joseph Gaillard de Fort-de-France y ont participé. L’une d’entre eux est même venue à Paris pour l’occasion.

« La harangue est une parole tressée d’audace et de conviction, engagée engageante. Un discours qui porte empreinte d’âme et touche au cœur, un poème dans la voix qui s’envole vers les autres, un jeu qui se transforme en nous, le chant du griot en Afrique Subsaharienne. » Belle définition de ce qu’est une harangue, donnée par Marc Alexandre Oho Bambe, poète, slameur, auteur camerounais et parrain du concours.

Pendant la quinzaine que durera La Belle Harangue, un projet qui célèbre l’écrit et la parole, les participants devront clamer leurs textes. Et ils sont nombreux : 5 000 jeunes, soutenus par leurs enseignants ou par des associations, sont inscrits. C’est le cas de la Martiniquaise Fatia Saxemard, venue à Paris pour l’occasion, et de onze de ses camarades. C’est Pierrette Leti-Palix, leur professeure de français, qui a engagé leur participation à La Belle Harangue.

Apprendre à s’exprimer

L’idée de l’enseignante qui a initié ce projet est avant tout scolaire : « La première raison de cette participation, c’est de permettre aux élèves de s’exprimer, de prendre la parole. Il faut les pousser à parler car il y a le Bac de français à la fin de l’année et le grand oral l’année prochaine en Terminale ». Douze élèves ont ainsi participé au projet, dix garçons et deux filles, dont Fatia. Pour les aider dans leur entreprise, Valer’ Egouy, comédien, les a orientés et conseillés pour « qu’ils aient plaisir à dire ce qu’ils ont à dire ».

Pour participer à La Belle Harangue, les élèves du lycée Joseph Gaillard de Fort-de-France ont écrit et déclamé une harangue sur le thème de l’égalité femme-homme. « Le choix de ce thème est entre autres venu parce que Fatia a un jumeau, Florian qui participe aussi à ce projet. L’idée était de partir sur l’image de la femme forte dans l’Histoire, pour cela, nous avons choisi Lumina Sophie et Olympe de Gouges », explique Pierrette Leti-Palix. Lumina Sophie, héroïne de la révolte de 1870 en Martinique, est une pionnière du féminisme. Elle a été guillotinée pendant la terreur.

Merci @lesoutremer d’avoir permis à deux lycéennes ultramarines, Fatia Saxemard (lycée Joseph Gaillard, Fort-de-France) et Assma Soudjoudane (lycée Dembeni, Tsararano) de venir à Paris comme ambassadrices de #LaBelleHarangue. https://t.co/BupmRQve6Z pic.twitter.com/vrIlyTxx5r

— La Belle Harangue (@LaBelleHarangue) September 23, 2021 « Et si… ? »

Présente à Paris pour enregistrer une émission avec neuf autres participants dont une Mahoraise, Fatia Saxemard a visité de nombreux lieux culturels de la capitale comme la Comédie française. Chacun a pu déclamer son  harangue sur le thème imposé « Et si… ? ». Le texte des élèves martiniquais a été récité par Fatia dans plusieurs endroits de Paris, notamment au ministère des Outre-mer. En voici un extrait :

Et si le déracinement aidait à préparer le retour… Et si le déracinement aidait à s’émanciper…  Et si le déracinement aidait à s’enrichir, à prendre un nouveau départ pour réaliser nos rêves loin de la critique et des jugements… 

Un beau projet et un travail qui a été compliqué par les restrictions liées à l’épidémie de Covid-19 : « On a travaillé à distance, j’ai envoyé les liens qu’il fallait, ou il y avait des exemples d’harangues et des conseils des parrains et marraines », précise la professeure de français. Les camarades de la lycéenne restés en Martinique ont eux aussi participé à cette fête de l’éloquence le 22 septembre en déclamant leur harangue sur un site exceptionnel choisi par leur professeure : le Cap 110, où se trouve un mémorial consacré à l’esclavage.

La Belle Harangue est un projet porté par la Fondation pour l’écriture. Si l’initiative est renouvelée, les élèves du lycée Joseph Gaillard y participeront de nouveau, comme l’affirme Pierrette Leti-Palix : « Naturellement, il y a besoin que les élèves puissent prendre la parole, ils doivent apprendre à s’exprimer de façon raisonnée, ce projet est pour eux une belle occasion pour cela. »

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