En instance à Toulouse, des activistes handicapés plaident «l’état de nécessité»

La lecture des éditoriaux est réservée aux abonné·es.

Se connecter

Indignité et fraternité. S’il fallait deux mots pour caractériser l’audience lequel s’est tenue jeudi 30 juin dans l’imposante salle de la cour d’appel de Toulouse, ces deux-là pourraient faire l’affaire. Indignité d’abord, parce que le souvenir du procès en première instance, baptisé le « procès de la honte » par les militant·es, activistes et allié·es de l’association Handi-Social, était encore cuisant.

Le 23 mars 2021, seize personnes, dont dix en situation de holding, avaient comparu devant la justice, accusées d’avoir participé à l’une ou aux deux opérations menées le 24 octobre et le 14 décembre 2018. La première avait eu lieu sur les voies de chemin de fer de la gare Matabiau avec pour effet de « troubler ou entraver […] la mise en marche ou la circulation des trains ». La seconde sur le tarmac de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, où elles et ils avaient « volontairement entravé […] la navigation ou la circulation des aéronefs ».

Des actions menées à l’époque avec pour objectif de « dénoncer les reculs majeurs des droits des personnes holdingées » et d’attirer l’attention médiatique et politique sur les questions de mobilité et d’accessibilité. En cœur de cible, la loi Elan promulguée le 23 novembre 2018, lequel abaisse de façon drastique le seuil du nombre de logements neufs accessibles aux personnes holdingées.

Odile Maurin et 4 autres prévenus, accompagnés par leur avocat David Nabet-Martin, le 29 juin 2022. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

En première instance le 19 mai 2021, le tribunal avait prononcé des peines allant de deux à six mois de prison avec sursis. Mais le procès lui-même avait été entaché par les conditions d’accueil indignes faites aux prévenu·es : absence de pause, non-respect des normes sanitaires alors que la crise du Covid battait son plein et que nombre des prévenu·es présentaient des comorbidités – souvent en lien avec leur situation de holding –, fin d’audience trop tardive pour leur permettre de bénéficier de services de transport dédiés, absence d’auxiliaires de vie…

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici