la juriste Michelle Jean-Baptiste encourage les porte

Créée il y a deux ans par la juriste d’origine martiniquaise Michelle Jean-Baptiste, l’association « Humains en action » a pour objectif d’être un porte-voix des défenseurs des droits humains et des porteurs de projets à impact positif. Entretien.

Philippe Triay

Publié le 18 février 2022 à 16h22,

mis à jour le 18 février 2022 à 18h33

Après plusieurs années au service des entrepreneurs innovants comme avocate d’affaires, Michelle Jean-Baptiste a décidé de consacrer sa vie professionnelle aux porteurs de projets engagés. Juriste, auteure et conférencière, toujours aussi active sur les plans associatif et éditorial, notamment comme directrice de la maison d’édition Owen Publishing, elle accompagne et conseille les créateurs de projets solidaires et sociaux.
Dans la foulée de la publication de son livre « Droits humains : passons à l’action » en 2018, qui proposait une méthode concrète pour défendre les droits fondamentaux, elle a décidé de consacrer la majorité de son temps à cette cause en créant, au début de l’année 2020, l’association « Humains en action », qui a reçu le parrainage du philosophe et sociologue Edgar Morin. Organisme à but non lucratif, « Humains en action » rassemble des personnes de tous âges et de tous milieux culturels qui ont en commun « le désir de préserver, de défendre ou d’acquérir les droits humains au niveau local et international, dans un esprit de fraternité, de bienveillance et d’humanité. » Michelle Jean-Baptiste répond aux questions d’Outre-mer La 1ere.

L’association « Humains en action » que vous présidez vient de décerner son premier prix le 12 février.  Pouvez-vous me présenter l’association ?
Michelle Jean-Baptiste : Humains en action est née au printemps 2020, en pleine pandémie. Les mois qui avaient précédé le confinement j’avais donné une série de conférences en rapport avec mon livre Droits Humains : passons à l’action !, et j’avais reçu de très bons retours des lecteurs et des participants. J’ai rencontré, lors de ces évènements, des personnes de tous âges très engagées socialement et solidairement. Dans le contexte de la Covid-19, le contraste était saisissant. Face à la sinistrose ambiante, j’étais épatée de voir leur énergie et leur impact sur le terrain et en même temps j’étais triste de voir que toutes ces personnes qui venaient en appui aux autres étaient elles-mêmes très fatiguées car leurs actions étaient finalement très peu soutenues ou relayées. C’est là qu’est venue l’idée de créer une association mettant en avant et appuyant les personnes qui se bougent en faveur d’actions solidaires, sociales ou à fort impact positif.
C’est pour ça que l’association est née : avant tout pour être un porte-voix des défenseurs des droits humains et des porteurs de projets à impact positif. On ne savait pas trop quelle forme cela prendrait au début mais l’association s’est lancée sur cette idée d’appuyer ceux qui appuient les autres pour permettre à leurs actions d’avoir encore plus d’impact. On a commencé à créer un site Internet, puis une petite série de podcasts mensuels autour des défenseurs des droits humains et puis très vite est venue l’idée d’encourager concrètement les porteurs de projets solidaires. C’est comme ça qu’est venue l’idée de la création d’un Prix Humains en action dès 2021, ainsi que d’un dispositif d’accompagnement des porteurs de projets solidaires, sociaux et engagés qui lui sera lancé au printemps 2022.   

Quels sont les projets que vous avez récemment accompagnés par exemple ? 
La première édition du Prix Humains en action venant de se clôturer, ce sont cinq projets que nous accompagnons cette année. Le projet arrivé premier « Cartons gratuits » porté par  Théo Dehasque et Guillaume Steengracht mais aussi les quatre autres projets finalistes : « Papi et Mamie Zen » porté par Agathe Leroy ; « Breecup » porté par Walid Massour et Ralph-Angelo Faubas ; « Appel Lib » porté par Bochra Berriche et « C’All Together » porté par Danisha Graziela Okolambourou Olonga. Ce sont des projets très différents mais mués par la même volonté d’agir concrètement pour améliorer la vie des gens et leur environnement. Pour Cartons gratuits et Breecup il s’agit d’éviter le gaspillage de cartons ou de les recycler. Pour Papi et Mamie zen, il s’agit d’accompagner nos aînés de manière humaine. Pour Appel Lib, ce sont les conditions d’appel dans les hôpitaux qui visent à être améliorés et pour C’All Together c’est une plate-forme dédiée au harcèlement scolaire qui est en train de voir le jour. L’accompagnement de notre association sur tous ces projets va du mentorat solidaire des porteurs de projet à du conseil en comptabilité, en passant par de l’appui juridique, du conseil en communication ou de la mise en relation avec des partenaires pour booster les actions solidaires mises en œuvre. Au printemps-été prochain nous lancerons un appel à candidature pour le lancement de notre programme d’accompagnement et nous envisageons d’accompagner une dizaine de projets pour la première promotion, en intégrant des ateliers et de la formation en plus.  

Outre votre accompagnement, qui est déjà important, en quoi consisteront les ateliers et les formations que vous évoquez ?
Les ateliers et les formations sont des formats courts organisés sur deux heures, une ou deux demi-journées. Cela dépend des sujets abordés. Tous ces ateliers permettent aux personnes qui les suivent d’avoir les bons réflexes et des informations concrètes pour mener à bien leurs projets. Tous les thèmes utiles sur le terrain sont visés. Chez Humains en action on a pensé à une sorte de boite à outils qui couvriraient à 360° l’ensemble des besoins rencontrés. Par exemple on répond à des sujets comme : comment recruter et échanger avec ses bénévoles ? Quelle structure juridique choisir ? Quelles aides solliciter ? Comment monter un dossier de demande de subvention ? Comment communiquer avec la presse sur son projet ? Comment développer son ou ses réseaux ? Comment choisir sa banque ? Le but est de leur permettre de monter en compétence dans des domaines comme le droit, la comptabilité, la communication, les relations presse, le digital mais aussi dans des domaines directement liés au développement personnel et professionnel comme celui de la gestion du temps par exemple. Car beaucoup de ces porteurs de projets solidaires ont une autre vie professionnelle à côté, en plus de leur vie personnelle à gérer. Nous avons parmi elles et eux, beaucoup de slashers qui développent leurs actions solidaires en parallèle de leur travail de salarié, d’artisan, de commerçant ou de leur vie d’étudiant ou de retraité. Cela peut s’avérer extrêmement utile de repérer les pièges à éviter et de savoir comment faire pour tout concilier au mieux. Il n’y a pas que les aspects financiers qui peuvent s’avérer des freins au déploiement de projet, quand on ne les maîtrise pas. Beaucoup de structures, qu’elles soient associatives ou non, ont littéralement explosé en vol, parce que leurs fondateurs n’avaient plus l’énergie suffisante pour continuer.

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