la nouvelle vie de Gustave, chien créole à l’a

Tous les jours, des milliers de chiens errent dans les rues de l’île de La Réunion. Un fléau contre lequel luttent les associations de protection des animaux, en organisant notamment des voyages Saint-Denis/Paris pour rapatrier les “toutous” dans l’Hexagone.

Inès de Rousiers

Publié le 10 août 2021 à 17h26,

mis à jour le 10 août 2021 à 17h31

“Il est très beau et très mignon.” A quatre pattes au beau milieu du Terminal 2 de l’aéroport de Roissy, Léa, 11 ans, tente timidement d’approcher ses doigts de Gustave, blotti dans son immense cagette de voyage. La jeune fille vient de découvrir avec émerveillement son nouveau chiot : un royal Bourbon d’environ dix mois, tout droit venu de La Réunion. Ils sont six à avoir pris le départ la veille au soir à Saint-Denis, pour s’envoler vers Paris en quête d’une nouvelle famille d’adoption.

“Co-avionnage”

Sur l’île où les abandons d’animaux sont fréquents, ce genre de “co-avionnage” pour rapatrier des chiens dans l’Hexagone sont fréquents. Laureen, présidente de l’association réunionnaise 4 Pattes A’Venir, envoie chaque mois entre 10 et 20 chiens vers de nouvelles familles d’accueil ou adoptante installées dans l’Hexagone. “Au mois de juin, j’en ai ramené 18 avec ma soeur”, sourit-elle en se remémorant ce périple sportif.  Car cette association, qui ne vit que par les dons, fait partir les “toutous” avec des voyageurs bénévoles. Régulièrement, des appels sont lancés sur les réseaux sociaux afin de dénicher des touristes prêt à acheminer un voir plusieurs chiens dans leurs bagages. 

C’est ainsi que Chrislaine, venue ces dernières semaines rendre visite à sa famille à La Réunion, s’est retrouvée avec Gustave et ses six compagnons dans ses valises pour son retour à Paris. “L’association ‘4 Pattes A’Venir’ m’a demandé si je pouvais prendre les chiens et j’ai accepté sans problème, raconte la jeune femme, les mains fixées sur le chariot de chiots tout juste sorti de la soute de l’avion. Ce sont des chiens errants qu’ils ont ramassé, qu’ils ont accueilli chez eux, qu’ils ont soigné, stérilisés et après ils les mettent à l’adoption”, détaille-t-elle.

Ça me touche tout ça. Ça leur donne une seconde vie, une seconde chance.

– Chrislaine, voyageuse bénévole

Préparation méticuleuse

Un voyage avec toutes ces boules de poils, et autant de laisses qui ne demandent qu’à s’emmêler, ça ne s’improvise pas. L’association de Laureen prépare méticuleusement le périple en amont. Lorsque le voyageur arrive à l’aéroport de La Réunion, les chiens sont déjà dans leurs cages et la place en soute est réservée. Des bénévoles sont présents sur place pour aider à la prise en charge des animaux par l’aéroport. À l’arrivée, des bénévoles d’associations métropolitaines et les nouvelles familles d’adoption se retrouvent pour récupérer leurs nouveaux compagnons. Laisses, eau, carnet de santé, gestion des cages de voyage… Tout est prévu, “c’est hyper simple”, témoigne Chrislaine. 

“Ils sont super efficaces », approuve Marina, la mère de Léa, pour qui le processus d’adoption de Gustave a duré à peine plus d’une semaine. “On me l’avait décrit comme très sociable, très calme, posé. Ce qu’il est effectivement. On avait un peu de mal à se rendre compte de sa taille sur les photos mais il est parfait”, s’exclama-t-elle, ravie, en regardant tendrement le royal Bourbon secouer sa queue, heureux de rencontrer sa nouvelle famille. 

“Il y a énormément de chiens abandonnés à La Réunion… Ça fait partie de nos îles, donc ça avait du sens pour moi de l’adopter”, confie Marina dont certains membres de sa famille vivent sur l’île.  “On voulait que notre famille soit complète et en plus on offre une nouvelle chance de belle vie à un Loulou”, conclut-elle. 

Regardez le reportage d’Outre-mer La 1ère :

 

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