Le Nicaragua n’arrête pas des opposants mais des “criminels”, assure Daniel Ortega

Le président nicaraguayen s’est défendu d’arrêter arbitrairement ses opposants politiques, mercredi 23 juin. Pour sa première apparition publique depuis le 18 mai, Daniel Ortega a balayé d’un revers de main les condamnations internationales, note La Prensa.

Nous ne jugeons pas des candidats [à l’élection présidentielle] ou des politiques mais des criminels qui ont conspiré contre le pays, qui tentent d’organiser un autre 18 avril [référence aux grandes manifestations antigouvernementales de 2018], un autre coup d’État. C’est à ce sujet qu’on enquête et ils seront punis au nom de la loi. […] Qu’ils ne racontent pas qu’ils sont candidats. Il n’y a aucun candidat inscrit, le moment n’est pas venu d’être candidat.

Daniel Ortega

Président du Nicaragua

Après un mois d’assauts répétés contre les principaux représentants de l’opposition, le président du Nicaragua est sorti de sa retraite médiatique, mercredi 23 juin, raconte La Prensa. Niant les raisons politiques qui l’ont poussé à faire arrêter une quinzaine d’opposants, dont des journalistes et cinq “précandidats” positionnés pour l’élection présidentielle de novembre, Daniel Ortega a balayé d’un revers de main les condamnations internationales formulées ces dernières semaines par les Nations unies, l’Organisation des États américains (OEA), l’Union européenne ou encore les États-Unis.

Le discours du chef d’État, prononcé sur la place de la Révolution de Managua entre sa femme, Rosario Murillo, qui est aussi vice-présidente, et le fils de Carlos Fonseca, cofondateur du Front sandiniste de libération nationale, a ciblé violemment “l’empire yankee, fils du démon, des cavernes, du mal”. Accusés de fomenter et de financer un coup d’État contre le parti “révolutionnaire”, au pouvoir depuis 2007, les États-Unis devraient libérer “les 400 prisonniers arrêtés pour avoir attaqué le Capitole”, plutôt que s’émouvoir sur le sort d’une vingtaine de personnes, estime Daniel Ortega.

À en croire le président, les procureurs nicaraguayens auraient mis au jour un vaste réseau de conspirateurs, dont plusieurs membres tombent sous le coup de nouvelles lois votées depuis octobre 2020. L’une d’elles, surnommée “loi bâillon” par l’opposition, punit les citoyens qui soutiennent les contestations sociales ou les sanctions internationales contre le régime sandiniste. Considérés comme des “traîtres à la patrie”, ils peuvent être privés du droit de briguer une fonction d’élu.

Si “le moment n’est pas venu d’être candidat”, Daniel Ortega devrait viser un quatrième mandat présidentiel consécutif en novembre. Et les déconvenues judiciaires de ses adversaires lui ouvrent un boulevard.

Source

Le journal, qui a pour devise “Etre au service de la vérité et de la justice”, a été fondé le 2 mars 1926 par l’opposant Pedro Joaquin Chamorro. De sensibilité conservatrice, il s’est toujours opposé aux régimes dictatoriaux du clan

[…]

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