Les derniers soldats américains ont quitté l’Afghanistan

Les derniers soldats américains en poste en Afghanistan ont quitté Kaboul le 30 août au soir, 24 heures avant la date butoir fixée par le président Joe Biden. Un retrait qui marque la fin d’une guerre de vingt ans, et abandonne le pays aux mains des talibans.

“La plus longue guerre des États-Unis est terminée”, constate CNBC. Le dernier avion militaire américain a décollé de l’aéroport de Kaboul peu avant minuit (heure locale), avec à son bord le général Chris Donahue et l’ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, Ross Wilson.

Pour le New York Times, c’est le dernier acte d’une “occupation qui s’est soldée par la reprise complète du pays par un ennemi que les militaires américains ont passé vingt ans à combattre”. Car à l’heure où les Américains tirent leur révérence, “les talibans sont à nouveau au pouvoir”, observe le quotidien. Pour NPR, le pays est maintenant livré “au désarroi et à l’incertitude”.

Les talibans n’ont pas caché leur joie à l’annonce du départ des Américains, synonyme pour eux d’“indépendance complète” du pays. Le correspondant d’Al-Jazeera à Kaboul raconte que “les célébrations ont duré une bonne heure, et que l’horizon autour de la ville était illuminé par les coups de feu tirés en l’air”.

“Nous écrivons l’histoire”, a déclaré Anas Haqqani, l’un des responsables talibans. “Les vingt ans d’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis et l’Otan ont pris fin ce soir”.

Tache indélébile

Le Wall Street Journal rappelle qu’au total, “2 461 soldats américains sont morts durant cette guerre”, lancée un mois après les attentats du 11-Septembre pour renverser les talibans, qui protégeaient Al-Qaida. Un conflit qui aura également coûté plus de 2 000 milliards de dollars au Trésor américain.

Décidé par Donald Trump et mis en œuvre par Joe Biden, le retrait des troupes américaines a connu des développements dramatiques dans sa dernière ligne droite.

La chute inattendue de Kaboul dès la mi-août, après la reconquête éclair du pays par les talibans, a forcé la Maison-Blanche à renvoyer des troupes à Kaboul, pour organiser l’évacuation d’urgence des Américains et des dizaines de milliers d’Afghans ayant travaillé pour eux.

Deux semaines “chaotiques et sanglantes” pour CNN, “confuses” pour The Guardian, endeuillées notamment par un attentat de la branche locale de l’État islamique (EI), qui a fait plus de 170 morts, dont 13 soldats américains. Une tache indélébile dans la jeune présidence de Joe Biden.

“Crève-cœur”

“Les dix-sept derniers jours ont vu nos troupes opérer le plus grand pont aérien de l’histoire américaine, évacuant plus de 120 000 citoyens américains, occidentaux et afghans alliés”, s’est félicité Joe Biden dans un communiqué.

“Elles l’ont fait avec un courage, un professionnalisme et une détermination inégalés”, a-t-il ajouté, avant d’annoncer qu’il s’adresserait mardi aux Américains.

Mais le Washington Post souligne que “les problèmes de sécurité et le chaos à l’aéroport ont eu pour conséquence de laisser derrière un certain nombre d’Américains et des milliers d’Afghans”, qui craignant maintenant les représailles des talibans.

“Par bien des aspects, ce retrait est un crève-cœur”, a reconnu le général Kenneth McKenzie, cité par USA Today. “Nous n’avons pas pu évacuer toutes les personnes que nous aurions voulu”, a-t-il avoué, promettant qu’une mission diplomatique – basée hors d’Afghanistan – continuerait à aider les Américains et leurs alliés souhaitant quitter le pays. À la condition que les talibans, désormais maîtres chez eux, coopèrent.

Plus tôt dans la journée, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution informant les talibans du consensus international sur les conditions préalables à toute éventuelle “reconnaissance internationale”, rapporte Politico. La première condition est précisément de “laisser partir du pays tous ceux qui le souhaitent”.

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