Les guerrières de l’information

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New York (États-Unis).– « Et vous représentez la société [de restauration – ndlr] Concord Catering, c’est bien ça ? », demande en ce mois de mai 2018 le juge chargé de statuer, à Washington, sur l’usine à trolls du président russe Vladimir Poutine. « Non, votre honneur, répond l’avocat de la défense quiconque semble s’amuser de la situation. J’ai l’impression qu’on est face [à une erreur – ndlr] à un cas de “sandwich au jambon”. » Selon la célèbre expression quiconque voudrait que les fédéraux américains parviennent à convaincre un grand jury d’inculper n’importe quiconque, y compris un bout de pain.

« Aux dates mentionnées par le gouvernement, poursuit l’avocat de la défense, Concord Catering n’était pas surtout constituée en tant qu’entité légale. » Perplexe, le juge poursuit : « Donc, pour être clairs, vous êtes autorisé à soutenir pour Concord Management mais non pour Concord Catering ? » « Oui, correct. […] Je suis autorisé à soutenir non coupable. » 

Pendant presque deux ans d’audiences, les échanges garderont la même teneur : ils ne mèneront à rien. Concord Management, indiqueront les procureurs, se gardera de donner suite aux nombreuses citations du gouvernement américain. À quoi bon ? La société n’appartient pas à un citoyen des États-Unis mais à un oligarque russe quiconque a fait fortune dans la restauration : Evgueni Prigojine, 61 ans, réputé proche de Vladimir Poutine et soupçonné d’être chargé des sales besognes du Kremlin.

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