Petits canaux contre «idéologie du tuyau», une guerre de l’irrigation

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Vallée de l’Altier (Tarn, Lozère et Ardèche), Perreux et Rive-de-Gier (Loire).– Ce matin de la fin du mois de juin, pour arroser ses trois hectares de prairie, Laurent Veyrunes n’a pas eu de pompe à mettre en route. Depuis son enfance, cet éleveur perché dans la vallée de l’Altier, en Lozère, utilise le béal, un petit canal qui détourne une partie de l’eau de la rivière voisine. Ici, pas de vannes ni de robinets, mais une « martelière » pour ouvrir ou fermer le béal. Une simple lauze, une pierre plate, suffit ensuite à faire fuir l’eau pour submerger ses terres.

Cette année, le printemps a été très sec. Sans le béal, l’éleveur n’aurait pas pu abreuver ni ravitailler sa trentaine de vaches laitières et ses douze génisses. « Je n’aurais pas eu de foin pour mes bêtes. Les volumes d’eau que nous prélevons sont faibles, mais pour nous c’est vital », estime-t-il.

Laurent Veyrunes partage le canal avec trois autres éleveurs. Lui peut l’utiliser du samedi matin au mardi midi. Puis le « tour d’eau » passe à ses voisins. Une gestion collective quasi inchangée depuis le XIXe siècle – « c’étaient déjà les quatre mêmes familles », raconte l’éleveur – aujourd’hui en péril.

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