Semaine de l’eau : la gestion de la ressource dans les squats

Comment l’eau est-elle gérée par les habitants les plus précaires ? Un défi relevé par des associations qui sont parfois confrontées aux difficultés financières des résidents et donc aux coupures.

Louis Perin (Ondine Moyatea)

Publié le 26 août 2021 à 10h58,

mis à jour le 27 août 2021 à 08h33

Gilda Tchouema est responsable de l’eau dans le squat de Nouville. Les habitants s’organisent en association pour gérer la ressource. Chacune des familles possède un compteur individuel relevé tous les trimestres.

« Une fois que j’ai relevé les compteurs, je donne les chiffres aux familles qui vont ensuite payer leurs factures. S’ils n’ont pas payé, je coupe l’eau. C’est très difficile de le faire, car je peux me faire agresser » raconte Gilda Tchouema, trésorière de l’association de l’île Nou.

« Il y a souvent des vols d’eau »

Couper l’eau d’une famille est parfois nécessaire, car chaque impayé rebondit sur toute la communauté. En effet la Calédonienne des eaux, opératrice dans cette zone n’émet qu’une seule facture, issue d’un compteur général. Alors lorsqu’il y a des fuites, cela devient très compliqué.

« Pour éviter les pertes, c’est inclus dans les factures des habitants. Il y a souvent des vols d’eau et on est alors parfois obligé de faire la police » informe Gilda Tchouema.

L’association de l’île Nou travaille main dans la main avec la Calédonienne des eaux à Nouméa. Pour l’entreprise de délégation de service public, les squats sont gérés comme des lotissements privés.

« Les squats relèvent du droit commun donc quand il y a un impayé, on va d’abord faire une relance puis un sms pour prévenir de l’avant-coupure et s’il n’y a pas de réactions des gens justement pour trouver une solution, on va arriver jusqu’à la coupure » explique Didier Pouzou, directeur de la Calédonienne des eaux.

Les coupures d’eau sont monnaie courante dans les squats. Dans cette zone de Nouville, un seul robinet fonctionne pour des dizaines d’habitations. Et lorsque les impayés s’élèvent à plusieurs millions de francs Pacifique, recouvrer les dettes peut prendre plusieurs années.

Un reportage de Louis Perin et David Sigal :

 

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