Sous la pression, le président péruvien rentre dans le rang et s’installe dans son palais

Moins d’une semaine après son investiture, Pedro Castillo enchaîne les polémiques et les faux pas. Après avoir refusé de siéger au palais présidentiel, le chef d’État doit faire marche arrière, accusé de manquer de transparence sur son agenda. Il doit aussi ajuster la composition de son gouvernement, jugé trop radical.

Parvenu au pouvoir de haute lutte, après une campagne tendue et plus d’un mois de contestation des résultats du scrutin présidentiel par ses adversaires, c’est contraint et forcé que Pedro Castillo entrera finalement au palais présidentiel péruvien. “Sous la pression des médias et du Congrès de la République”, raconte Perú 21, le nouveau chef de l’État s’est résolu à exercer son mandat depuis la Maison de Pizarro, siège historique de la présidence.

Cinq jours après l’investiture de l’instituteur au chapeau de paysan, ce dernier avait déclenché une polémique en annonçant qu’il ne gouvernerait pas “depuis la Maison de Pizarro parce que je crois que nous devons rompre avec les symboles coloniaux pour briser les chaînes de la domination qui a duré tant d’années”, rapporte Gestión. Le palais devait être cédé au nouveau “ministère des Cultures” pour en faire “un musée”.

Mais, ce mardi 2 août, le secrétariat du bureau présidentiel a signalé que Pedro Castillo s’installerait finalement dans le palais officiel, le temps de déterminer “le lieu le plus adéquat pour gouverner”, précise Perú 21. L’opacité maintenue de fait autour des activités du président “violait la loi de transparence qui impose l’obligation pour le mandataire de faire connaître publiquement son agenda”, écrit le site d’information péruvien.

Faux pas

Ainsi, “on ne sait pas qui a rencontré le mandataire pendant les quatre premiers jours [de son mandat]”, alertait le journal la veille. Et une plainte a rapidement été déposée contre Pedro Castillo pour “souscription de documents, règlements et nominations, entre autres, en dehors du palais du gouvernement”. Le recours a eu raison du président, qui déménage ses activités au palais “pour remplir ses devoirs”, complète Canal N.

Le manque de transparence n’est pas le seul reproche fait à la nouvelle figure de la gauche radicale. À peine élu, une forte pression de l’opposition l’a contraint à ouvrir progressivement son gouvernement aux “modérés” et à “rectifier les postures radicales de son Premier ministre [Guido Bellido Ugarte]”, raconte El País América.

Très décrié depuis sa nomination, celui-ci fait l’objet d’une enquête pour “apologie du terrorisme”, rappelle El Comercio. Dans une publication sur Facebook en 2017, l’actuel Premier ministre rendait hommage à une militante du Sentier lumineux, groupe révolutionnaire engagé dans la lutte armée contre le gouvernement péruvien entre 1980 et 2000.

Autant de faux pas qui compliquent les premiers jours du nouveau président, décidé à bousculer les codes mais incité fermement à rentrer dans le rang.

Serge Hastom

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