Trois Antillais organisent un « Ti-punch poétique » à Paris pour les 14 ans d

Il y a 14 ans (17 avril 2008), disparaissait le chantre de la négritude Aimé Fernand David Césaire. Un hommage, à l’initiative de l’éditeur martiniquais Jean Benoit Desnel lui est rendu à Paris, dans le 6e par Jacques Martial, Suzanne Dracius et Georges Brédent. Il s’agit de lectures à voix haute notamment d’extraits de poèmes de Césaire.

Daniel Betis

Publié le 17 avril 2022 à 06h00

mis à jour le 17 avril 2022 à 10h08

14 ans déjà, le 17 avril 2008,  le poète et homme politique Aimé Césaire tirait sa révérence à l’âge de 95 ans.

Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, d’une fratrie de 7 enfants, l’écrivain député et maire, figure emblématique et majeure de la vie politique martiniquaise pendant plusieurs décennies, est l’un des pères du concept de la négritude.

Trois Antillais, Suzanne Dracius, Jacques Martial et Georges Brédent, lui rendent hommage dimanche 17 avril 2022, au boulevard Saint-Germain au 1er étage de la Rhumerie, dans le 6e arrondissement de Paris.

Aimé Césaire en entretien avec Suzanne Dracius

©collection privée


Suzanne Dracius
 professeur de lettres classiques, Prix Virgile 2019 pour son oeuvre et son engagement, a connu l’immense auteur Aimé Césaire. Ce dernier  ancien professeur de lettres classiques, lui a exprimé son admiration pour ses  deux œuvres de fiction, « L’autre qui danse » et « Rue Monte au Ciel ».

Jacques Martial, homme de théâtre, acteur, metteur en scène connu du grand public dans la série policière télévisée « Navarro » est un ambassadeur littéraire qui fait  vivre depuis des années l’œuvre de Césaire à travers des lectures théâtrales.  

Beaucoup ont en mémoire  « le cahier d’un retour au pays natal » qu’il a mis en scène en 2003 et qu’il déclame avec passion, force, vigueur et intensité.

En pleine préparation de plusieurs représentations au mois de mai 2022, de cette œuvre au Théâtre de l’Épée de bois, à la Cartoucherie de Vincennes, il fera un arrêt au Boulevard Saint-Germain. Jacques Martial promet pour ce ti punch poétique de voyager à travers « les armes miraculeuses » de Césaire. 

Le comédien et metteur en scène Jacques Martial a livré une puissante interprétation d’un extrait du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire à Montreuil (93), le 26 juin 2013

©Philippe Triay / France Télévisions

Le troisième Antillais, le juriste guadeloupéen Georges Brédent, « passeur de mémoire de la vie sociale des petites gens, qui forment l’âme de la Guadeloupe », source d’inspiration dans ses romans (« le miracle du bas de la source », « la rue des champions ») est un homme de culture.  

Georges Brédent, ancien président du conseil d’administration de Mémorial ACTe (établissement Public de coopération culturelle) est un acteur de la vie mémorielle. 

Georges Brédent est auteur et élu de la culture et patrimoine de Pointe-à-Pitre.

©Fred Sapotille

L’animation sera assurée par Eléonore Bassop, journaliste de radio et de télévision spécialisée dans l’histoire Afro dans le monde. 

Ce rendez-vous  prévu dimanche 17 avril  dans le 6e arrondissement de Paris est gratuit.

Cette idée de banquet littéraire me trotte dans la tête depuis 2011. J’ai toujours voulu un hommage poétique et festif. L’éditeur en tant qu’éveilleur de conscience et acteur de la société doit au moment opportun proposer. Nous rendrons hommage aux mânes du grand poète aimé Césaire, humaniste et visionnaire.

Jean Benoît Desnel – Editeur

Ce dernier qui a comme dogme littéraire de réveiller les consciences et de faire savoir, car savoir c’est pouvoir, semble  mettre à profit ce compliment que lui a adressé en mars 2006 le poète, lors d’un entretien pour la publication de l’ouvrage « Prosopopées urbaines »,  ouvrage collectif en hommage au centenaire de Léopold Sédar Senghor : « vous êtes vraiment un éditeur, pas un vendeur de livres imprimés, même si votre métier est difficile… »

Cet évènement poétique, n’est-ce pas une manière de rappeler l’une des œuvres majeures d’Aimé Césaire « Discours sur le colonialisme », dans lequel l’auteur rappelle  » la barbarie suprême, celle qui couronne, qui résume la quotidienneté des barbaries  » pourrait aboutir à l'(En)sauvagement du continent ?

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